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    Histoires d'ampoules  
    Pierre-André Magnin - Energie Environnement, automne/hiver 2001 - 2001-09-01      
    Nos ampoules électriques ont toujours le même culot à pas de vis, tel que l'a conçu Thomas Edison il y a plus d'un siècle.  
   
 
    Depuis lors, d'autres inventeurs ont trouvé le moyen de produire de la lumière avec beaucoup moins d'énergie.
La dernière génération de "lampes économes"offre enfin une lumière comparable à celle de nos vieilles ampoules.
 
Nous lui devons
la lumière électrique
  L'Américain Thomas Alva Edison (1847-1931) pose devant le phonographe qu'il a inventé en 1877 et qui permet d'enregistrer et de restituer son et musique. Au premier plan figure une autre de ses réalisations : la première ampoule électrique à incandescence, capable de produire une belle lumière et de durer des heures, dont le brevet a été déposé en 1879. En trente cinq ans de carrière, ce "brillant"inventeur a obtenu 1'093 brevets, dont 389 concernaient l'éclairage et l'électricité. Car, en plus des ampoules, il a fallu créer tous les éléments du réseau électrique et imposer des normes dont certaines sont toujours en vigueur.  
   

E27

 
    Ecomme Edison, et 27"comme vingt-sept millimètres : le nom donné au culot à vis de nos ampoules fait référence au célèbre inventeur américain, parce qu'il a non seulement mis au point l'ampoule électrique à incandescence, mais aussi inventé la forme de ce culot qui est restée la même depuis les années 1880.  
    L'ampoule, elle non plus, n'a pas beaucoup changé. On dit "à incandescence", car la lumière est produite par un petit fil métallique torsadé, chauffé à blanc par le passage de l'électricité. Elle fonctionne donc de la même manière que le grille-pain. On pourrait d'ailleurs s'en servir pour dorer des toasts, tant la chaleur dégagée est grande ! Edison lui-même regrettait ce gaspillage d'électricité: seulement 5% du courant est transformé en lumière, contre 95% qui part en chaleur.  
   

 
    Du gaz et de la poudre  
   
 
    Ce très mauvais rendement lumineux se traduit par des factures d'électricité élevées, et trop de chaleur dans les pièces qu'on éclaire. Voilà pourquoi, en 1936, l'ingénieur français Georges Claude mit au point le tube fluorescent, dont le rendement lumineux et la durée de vie sont cinq fois plus élevés. Dans un tel tube, la production de lumière n'est pas due à un échauffement : excité par l'électricité, un mélange gazeux (généralement de l'argon additionné d'une petite quantité de mercure) produit de la lumière ultraviolette invisible qui active la poudre fluorescente tapissant l'intérieur du tube.  
    Vu ses avantages économiques, le tube fluorescent se répandit dès la fin de la Deuxième guerre mondiale. "Une lumière belle comme le jour"prétendait la réclame de l'époque - belle comme un jour de déprime, oui ! Ambiance blafarde, scintillement gênant pour les yeux, bourdonnement qui agace les oreilles : cette forme d'éclairage économique est vite devenue synonyme de couloirs tristes et de cafétérias lugubres…  
   

Nouvelle fluorescence

 
    Cette mauvaise réputation colle toujours à la lumière fluorescente, explique Felix Frey de l'Office fédéral de l'énergie. "Et pourtant, de grands progrès techniques ont été accomplis, surtout au cours des dernières années ! Aujourd'hui, les nouveaux luminaires à tubes fluorescents, tout comme les lampes économes, sont munis de dispositifs d'allumage électronique : il n'y a plus de clignotement à l'enclenchement, ni de vibrations lumineuses, ni de bourdonnement. De plus, grâce à de nouvelles poudres fluorescentes, on peut disposer, à choix, d'une excellente qualité de lumière qui va du très blanc jusqu'à un blanc très chaud, comparable à celui des vieilles ampoules à incandescence."  
    Cette évolution vers la qualité est confirmée par François Girod, l'un des responsables de l'éclairage public aux Services industriels de Genève. "Pourtant, explique-t-il, si on place une personne face à ces deux types de lumière et on lui demande sa préférence, elle choisit généralement l'incandescence.  
   

Remboursée en 2 ans

 
    L'évolution des lampes économes s'est accompagnée d'une forte baisse des prix : il en coûte entre six et vingt-cinq francs aujourd'hui, contre plus de quarante francs il y a dix ans. L'investissement de départ est désormais rapidement compensé par l'économie d'électricité. Comparée à une ampoule ordinaire de puissance moyenne (60 watt) qui fonctionne 3 heures par jour, l'ampoule économe épargne 50 kWh par an, soit environ 10 francs. Deux ans suffisent donc à la rembourser. Comme elle dure entre 6 et 12 ans selon les modèles, on arrive vite à un joli bénéfice…  
    Et ce ne sont pas des économies de bouts de ficelle. A titre d'exemple, économiser 50 kWh par an sur une lampe, c'est éviter de brûler vingt kilos de charbon dans une centrale électrique thermique. Certes, en Suisse il n'y a pas de centrale fonctionnant au charbon, mais nos voisins en ont et nous leur échangeons de l'électricité: la pollution n'a pas de frontière…  
   

300 watt pour le plafond

 
    Ainsi, grâce à des générations d'inventeurs et d'ingénieurs, l'éclairage a fait de formidables progrès… et le marché des lampes est devenu bien compliqué! C'est pour aider les consommateurs à choisir que, dès 2002, une nouvelle étiquette - facultative jusqu'ici - fera son apparition sur les emballages (voir ci-contre). Il faudra un peu réfléchir avant de s'équiper, mais le jeu en vaudra la chandelle.  
    Aux soldes, par exemple, on ne fait pas forcément une affaire en achetant pour moins de cent francs une puissante lampe halogène qui vise le plafond. Car l'éclairage halogène n'est rien d'autre qu'un système d'Edison amélioré: une température très élevée qui produit un blanc éclatant. Avec ses 300 watt de puissance, la nouvelle lampe grillera un kilowattheure par soirée - alors que cette quantité d'énergie offre huit jours de service à une lampe de salon similaire, mais munie d'un tube fluorescent compact, en forme de U. En une seule année, le nouveau "grill halogène"coûtera, en électricité, autant que ce qu'on l'aura payé aux soldes…  
Le saviez-vous ?    
       
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