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    A la découverte de la couleur  
    noAuteur - ComputerArts - 2005-02-01      
    L'oeil humain peut percevoir des millions de variantes de couleurs…  
    … mais, en tant que graphiste, comment savoir si vous avez opté pour la meilleure d'entre elles ? Ce dossier va vous faire découvrir tout ce qu'il faut savoir sur les couleurs afin de vous permettre à chaque fois de choisir la bonne.  
    Travailler avec la couleur peut s'avérer un véritable parcours du combattant pour le non-initié. Les habitudes et a priori ont un impact important sur la manière dont nous les voyons et les interprétons. La mode et la science jouent également un rôle important dans.cette affaire. Et puis, chacun d'entre nous possède une opinion personnelle sur la façon dont les tendances de la mode devraient être mises à profit. Le pouvoir des couleurs n'est donc pas à sous-estimer. Apprenez à combiner vos instincts de graphiste avec les tendances et les théories scientifiques d'hier et d'aujourd'hui, installez-vous à votre écran et découvrez ce que la couleur peut vous apporter.  
   

L'invention de la roue

 
    Tout est de la faute de Newton. Il est le premier à mettre au point un diagramme circulaire représentant les couleurs maintenant appelé communément la roue des couleurs. Depuis ce jour, c'est la guerre entre tous les théoriciens de la couleur.  
    La roue des couleurs est basée sur le spectre lumineux et est utilisée comme le principal point de départ quand il s'agit de définir les couleurs primaires (c'est-à-dire les teintes qui ne peuvent être obtenues en mélangeant d'autres teintes entre elles, comme le rouge, le jaune et le bleu), les couleurs secondaires (orange, vert et violet), et les couleurs tertiaires ou intermédiaires (constituées d'un mélange des primaires et des secondaires).  
   

Fixez un plan de couleur unie, puis fermez les yeux; vous verrez alors apparaître la couleur intermédiaire

 
    Mais en ce qui concerne les images d'aujourd'hui qui sont diffusées sur des écrans, il n'est plus question de pigment. Les moniteurs d'ordinateur utilisent des couleurs primaires additives; avec pour commencer un environnement noir dans lequel on ajoute peu à peu de la lumière. En mélangeant les primaires additives, rouge, vert et bleu (d'où l'espace couleur RVB) - en quantité variable, il devient possible de fabriquer des millions de couleurs.  
    Dans le système additif, c'est la lumière qui est utilisé, et non pas les pigments. Si vous mélangez une quantité égale de lumière rouge, verte et bleue, vous créez de la lumière blanche. Lorsqu'aucune lumière n'est présente, la couleur obtenue est le noir. En mélangeant en quantité égale deux couleurs primaires, les couleurs secondaires du RVB (le magenta, le jaune et le cyan) font leur apparition.  
    La beauté de la méthode RVB tient au fait qu'elle fonctionne sur un principe très similaire à celui dont l'oeil perçoit les couleurs. Par malheur, les systèmes d'impression emploient un tout autre système : la méthode soustractive. Cette méthode correspond à la façon dont les couleurs fonctionnent dans le monde qui nous entoure, et elle est à l'opposé de la méthode additive. Son fonctionnement est très simple : si un objet reflète de la lumière, il apparaît comme blanc. Si un objet absorbe de la lumière, il apparaît comme noir.  
    Pour cette raison, les presses d'imprimerie utilisent des couleurs transparentes qui agissent comme des filtres permettant à la lumière de les traverser puis de se réfléchir sur la base du papier qui va renvoyer la lumière non absorbée par les encres. En règle générale, le processus d'impression utilise le cyan, le magenta et le jaune comme primitives. En théorie, une impression à quantité égale de ces trois couleurs est censée absorber toute la lumière et produire du noir. En pratique cependant, le résultat est boueux et c'est pour cette raison qu'on ajoute de l'encre noire aux primaires du système soustractif. On obtient ainsi l'espace CMJN (cyan, magenta, jaune, noir). Comme la palette colorimétrie du CMJN est plus restreinte que celle du RVB, il est important de savoir à l'avance pour quel type de sortie vous préparez vos images. Cela affectera en effet la palette de couleurs dans laquelle vous pourrez puiser.  
   

Les outils de base

 
   
 
   

La roue des couleurs
Les expériences de Newton sur la lumière lui ont permis de mettre au point la bien connue roue des couleurs, sur laquelle s'alternent les couleurs primaires (rouge, vert, bleu) et les couleurs secondaires (jaune, cyan, magenta).

 
       
   
 
   

Le triangle des couleurs de Goethe
Ce triangle peut être divisé pour créer des arrangements de couleurs qui provoquent des réactions émotionnelles et psychologiques. Le triangle de Goethe est une alternative fascinante à la roue des couleurs de Newton. Ici, les primaires sont positionnées à chaque coin. Entre les coins, on trouve les couleurs secondaires, et les espaces restants sont remplis par les couleurs tertiaires (qui sont un mélange des couleurs primaires et secondaires adjacentes). Goethe pensait que les couleurs avaient un effet psychologique. Il croyait que le rouge suggérait l'imagination et le bleu, la compréhension. De ce fait, par la conception même du triangle, les cinq couleurs de gauche du bleu au rouge créent une palette expressive. Si les couleurs qui se trouvent vers chaque pointe, celles situées autour du bleu sont considérées comme puissantes, celles du côté du rouge comme sereines, et celles du côté du jaune comme mélancoliques.

 
       
   
 
   

Roue des couleurs numériques
Les roues de couleurs logicielles telles que Color Consultant Pro offrent un grand degré de flexibilité. Elle peut être réglée en mode soustractif ou additif selon la sortie désirée. Ici, un rouge orangé clair a été choisi comme teinte de base et la palette a été élaborée en combinant deux schémas. Le premier est complémentaire, ajoutant la couleur directement opposée à la couleur de base sur la roue des couleurs. Cela produit une palette aux couleurs contrastées.

 
   

 

 
       
   
 
   

L'harmonie des couleurs en 6 étapes

  1. Commencez par suivre votre instinct. En général, il ne vous trompe pas.
  2. Utilisez les diverses teintes et nuances d'une même couleur, mais prenez garde à ce que votre schéma de couleur n'apparaisse pas trop terne.
  3. Les couleurs adjacentes enrichiront un thème monochromatique et produiront une palette un peu plus intéressante.
  4. L'ajout d'une couleur complémentaire (située à l'opposé sur la roue des couleurs) créera un schéma de couleurs contrastées.
  5. Gardez une saturation et une valeur similaires sur l'ensemble de votre palette pour obtenir un meilleur résultat.
  6. Limitez le nombre de couleurs utilisées pour éviter d'obtenir un effet criard.

 
   

 

 
   

Les opposés s'attirent

 
    Puisque les écrans d'ordinateurs utilisent la couleur additive, les graphistes commencent donc avec une palette additive, utilisant le rouge, le jaune et le bleu comme couleurs primaires. Lors d'un travail pour une sortie print, la palette est réduite à son équivalent CMJN et modifiée en conséquence. Les palettes colorimétriques peuvent être créées à l'oeil, à l'instinct, ou en se basant sur l'expérience. Mais si vous démarrez de zéro, il est toujours utile d'avoir une roue des couleurs à portée de la main. L'investissement dans un logiciel de roue de couleurs numériques est définitivement une bonne idée. Ce type de logiciel vous permet d'autre part d'exporter vos schémas de couleurs en PICT ou en PDF.  
    Les palettes de couleurs les plus simples mettent en jeu des variantes de saturation d'une seule et même teinte. Ces schémas monochromes produisent un effet apaisant, tout particulièrement dans les verts et les bleus. Le schéma du type Analogue est similaire mais plus riche puisqu'il utilise des couleurs qui sont adjacentes sur la roue. Certains artistes disent que ces types de schémas sont les seuls qui soient complètement plaisants à l'oeil. Cependant, des schémas offrant des variations plus radicales sont également extrêmement efficaces.  
    L'impact des couleurs opposées (rouge-vert, orange-bleu ou jaune-violet) est souvent impressionnant, mais l'utilisation abusive de ce type de combinaison peut donner un résultat criard. Les peintres pointillistes étaient des maîtres de cet art, appliquant des points orange dans les zones bleues pour en augmenter la profondeur. Ces combinaisons radicales fonctionnent généralement très bien : grâce au fait que le subconscient est en permanence à la recherche d'une harmonie visuelle.  
    Le mélange de couleurs complémentaires en égale quantité produit un gris neutre. Les effets psychologiques de notre vision des couleurs fonctionnent de la même manière. Essayez l'exercice suivant : fixez un plan de couleur unie, puis fermez les yeux. Vous verrez alors apparaître la couleur complémentaire. Les yeux sont sans cesse en train de restaurer l'équilibre colorimétrique.  
    Pourtant, de tels schémas ont un contraste colorimétrique maximum et, de ce fait, attirent très efficacement l'attention. Une variation plus subtile de ce thème consiste à utiliser une teinte avec les deux couleurs adjacentes à sa complémentaire. Cela produit un contraste qui évoque moins de tension que le schéma complémentaire et offre ainsi un résultat plus harmonieux.  
    Les artistes préfèrent souvent les couleurs qui sont disposées à équidistance autour de la roue des couleurs. C'est le schéma de couleurs en triade. Il offre un contraste visuel fort tout en étant à la fois équilibré et harmonieux. Ce schéma est fréquemment utilisé pour de gros effets typographiques ainsi que pour les travaux d'illustration, quand la couleur doit attirer l'attention. En effet, un bon niveau de contraste est essentiel dans la plupart des travaux s'appuyant sur du texte. Si le contraste est trop faible, le texte devient illisible. S'il est trop élevé, l'effet sera dérangeant.  
   

Utiliser la couleur sur le web

 
   

Les limitations des cartes graphiques rendaient autrefois difficile l'utilisation des couleurs sur le Web. De nombreuses machines étaient limitées à un affichage de 8-bit (256 couleurs) et même les plus avancées n'affichaient qu'en 16-bit. De plus, les Mac et les PC possédaient leur propre palette par défaut. En mélangeant toutes ces restrictions, une palette Web de seulement 216 couleurs représentant une combinaison de couleurs RVB est née. Pendant longtemps, conseil était donné de s'en tenir uniquement à l'utilisation de cette palette, tout particulièrement dans l'utilisation de couleurs en aplat. Mais cette coutume est aujourd'hui en voie de disparition. L'apparition de cartes graphiques à bas prix fait que la plupart des PC sont capables d'afficher des millions de couleurs et les statistiques recueillies à propos d'Internet suggèrent que deux tiers des gens utilisent ce type de système et que la majeure partie du reste d'entre eux utilise un affichage 16-bit. La plupart des WebDesigners s'en tiennent à l'utilisation du sRGB, qui est considéré comme l'espace par défaut du Web. Cependant, avec l'apparition des PDA qui, pour la plupart, ont des affichages 8-bit, on pourrait tout il fait voir le retour de la palette Web.

 
   
 
   

Les palettes Web comme la Reallysale Palette de David Lehn et Hadley Stem pourraient bien faire leur retour avec l'avènement des PDA (affichage en 8-bit).

 
       
   
 
   

Si vous êtes vraiment paranoïaque en ce qui concerne les couleurs de votre site, vous pouvez les tester avec le Sélecteur de couleur de Photoshop. Celui-ci peut être forcé à n'afficher que les couleurs destinées au Web.

 
   

 

 
   

Fiez-vous à vos tripes

 
    La théorie est une bonne chose, mais la façon dont la couleur est utilisée et perçue a avant tout à voir avec les émotions. Souvent sont évoquées couleurs "froides" ou "chaudes". Traditionnellement, il est communément admis que les couleurs chaudes et gaies attirent davantage l'attention, alors que les tons froids et passifs se fondent facilement dans l'arrière-plan. En réalité, les choses se révèlent beaucoup plus complexes. L'intensité d'une couleur dépend beaucoup de la manière dont elle est traitée (un bleu intense par exemple semblera beaucoup plus présent qu'un orange pâle).  
    La température d'une couleur est également relative : le vert semblera chaud s'il est entouré par du bleu et du violet. En fait, la perception des couleurs est grandement affectée par leur environnement. Chaque couleur affecte les autres : le jaune est chaud sur le blanc tout en restant doux, mais sur le noir, il prend une brillance agressive. Remplacez le jaune par du bleu et le blanc ou le noir semblent plus lumineux. Un bleu moyen semblera assez sombre sur du blanc mais pourtant lumineux sur du noir.  
    De plus, l'éclairage affecte considérablement la façon dont les couleurs sont perçues. La lumière naturelle est relativement neutre.  
    Mais la lumière d'un tube fluorescent est plus bleue et fait ressortir les couleurs froides. Au contraire, l'éclairage incandescent est plus jaune et fait ressortir les couleurs chaudes. Cependant, les couleurs peuvent varier dans la couleur naturelle. Des objets bleus et verts apparaissent plus brillants que des objets rouges dans une lumière faible (c'est l'effet Purkinje). D'autre part, les couleurs exposées à une lumière intense semblent plus bleues ou jaunes que vertes ou roùges (c'est l'effet Bezold-Brucke).  
   

La théorie est une bonne chose, mais la façon dont la couleur est utilisée et perçue a avant tout à voir avec les émotions

 
    En dehors du domaine de la théorie scientifique des couleurs, l'analyse psychologique des émotions associées aux couleurs est également un phénomène important. Kandinsky croyait réellement que les couleurs pouvaient influencer l'ensemble du corps humain. Il a un jour dit : "La couleur est le clavier, les yeux sont les marteaux et l'âme est un piano aux nombreuses cordes. L'artiste, quant à lui, est la main qui joue en frappant l'une ou l'autre touche pour engendrer les vibrations de l'âme".  
    Mais même si vous n'adhérez pas à ces tendances spirituelles, vous vous devez d'être conscient des connotations liées aux couleurs que vous utilisez. Il n'y a aucun doute sur le fait que la couleur est un phénomène subjectif. La psychologie et les préférences personnelles jouent un rôle important dans vos choix de couleurs, de même que dans les couleurs exigées ou approuvées par vos clients. En étant au fait de ces règles depuis longtemps éprouvées tout en les mixant avec votre expérience et votre intuition, vous devriez être capable de recréer ces "vibrations de l'âme" auxquelles Wassily Kandinsky (1866-1944) faisait allusion.  
   

La couleur et les marques

 
   

La Society of Chemicallndustry (société de l'industrie des produits chimiques) n'est peut-être pas le premier endroit où vous diriger pour trouver de l'information sur la théorie des couleurs. Pourtant, une de leurs expériences récentes sur le comportement des consommateurs a porté sur leur reconnaissance des marques et leurs réponses inconscientes à la couleur. Les participants à l'expérience devaient localiser des cibles cachées au milieu d'éléments "distractifs". Les cibles de couleurs basiques (rouges, bleues et vertes) furent les plus faciles à localiser (tout particulièrement les vertes). Les cibles de couleurs complexes (turquoise, beiges et pêche) furent localisées moins facilement. Les consommateurs eurent besoin de plus de temps pour trouver les cibles de couleur pêche et déclarèrent les cibles turquoise difficiles à identifier.

 
   
 
   

Dans une seconde expérience, les chercheurs ont enregistré les réactions produites par des Twix (emballage beige) et des KitKat (emballage rouge) dans des rayonnages turquoise, verts et rouges. LesTwix furent découverts plus rapidement dans les rayonnages verts et les KitKat, dans les rayonnages rouges. Ainsi, si vous travaillez sur un nouveau produit qui doit attirer l'attention, préférez l'utilisation de couleurs basiques.

 
   

 

 
       
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