Bienvenue Arts Sciences Technologies Tutoriels Vrac  
  Expert Photoshop Archives  
 
 

Groupe  :   Invité

les Sarto's > Bienvenue > Tutoriels > Trucs & astuces > Le secret des courbes tonales
 
    Le secret des courbes tonales  
    noAuteur - Univers Macworld - 2000-02-01      
    Elles ressemblent à des graphes de fonctions mathématiques. Donc elles font peur.  
    Mais leur principe d'action n'est pas très difficile à saisir. Dès que l'on a compris comment elles agissent, leur maîtrise n'est plus très loin.  
    Que ce soit au niveau du scan ou après, il est souvent nécessaire de réaliser des corrections sur des images. Pour cela, les pilotes de scanner ou les logiciels de traitement d'image disposent d'une grande variété de méthodes d'intervention. Il n'est pas forcément nécessaire d' y recourir pour tous les types d'originaux. Notamment parce que les pilotes de scanner sont assez automatisés et qu'ils réalisent eux-mêmes une part importante des corrections, sans que l'utilisateur s'en aperçoive. Tous les documents ne présentent pas les mêmes niveaux de difficulté.  
   

Plus de possibilités de correction

 
    Les originaux les plus faciles à numériser restent les tirages papier et, d'une manière générale, tous les échantillons opaques. La raison : leur dynamique est limitée par les lois de la physique. Sur un cliché papier, il n'est guère possible de dépasser une différence de densité de 2,30. Cela signifie qu'un tel matériau ne peut pas produire un écart de contraste supérieur à 1 à 200. Tous les scanners, même les plus rudimentaires, sont capables de numériser une telle dynamique. Et il n'y a presque rien à faire au niveau des réglages pour que cela marche bien. Les automatismes du scanner s'en sortent parfaitement.  
    En face d'un scanner pour documents transparents, les choses se compliquent. Ici, la dynamique à lire peut atteindre 3,30 en densité, ce qui correspond à un écart de contraste de 1 à 2'000.  
    Le cas le plus délicat reste celui des négatifs couleur. Il existe une grande variété de types, exploitant des colorants différents, présentant des contrastes très variés. Les scanners de films ont du mal à s'y retrouver et leurs automatismes sont souvent imprécis, même sur les matériels les plus perfectionnés.  
    Autre cas difficile pour un scanner, même à plat : les bascules colorées. Elles apparaissent, par exemple, sur des tirages couleur anciens. Les trois colorants ne s'y dégradent pas de manière homogène. Dans ce cas, les automatismes du scanner ont beaucoup de mal à s'en sortir. Et il n'y a pas de solution pour opérer à partir de réglages à curseurs. Ces derniers sont présents dans tous les pilotes de scanner, y compris les plus simples. Ils permettent de régler en général le contraste et la densité.  
    Certains donnent accès à un réglage de balance couleur. La numérisation du document est ainsi rendue plus bleue, verte, rouge ou jaune, magenta, cyan.  
    Ou encore n'importe quelle combinaison de deux couleurs associées entre primaires et complémentaire. Les curseurs servent également à régler la saturation de couleur. D'autres curseurs s' adressent au contraste neutre aux extrémités : ombres ou hautes lumières.  
   

Les curseurs, des moyens limités

 
    La multiplication des curseurs permet d'envisager presque toutes les situations. Avec un inconvénient majeur : il devient vite difficile de prévoir quel effet sera provoqué par un réglage donné. Le salut vient souvent du recours à des méthodes plus professionnelles. Leur apprentissage est un peu laborieux, certes, mais, quand elles sont comprises, les opérations sont plus rapides et plus évidentes.  
    Le secret de cette démarche s'appelle courbe de transfert. Ou encore courbe tonale, LUT (Look Up Table, table de concordance), courbe de luminosité. Ce ne sont pas les dénominations qui manquent. La ressemblance au graphique d'une fonction mathématique ne fait rien pour la popularité de l'outil. Cette apparente complexité fait que les utilisateurs ne se bousculent pas sur ce mode de réglage pourtant très performant. Et, du coup, les concepteurs de scanners ont tendance à les écarter de leurs pilotes. au grand dam des habitués. Pourtant, il vaut mieux effectuer des corrections au niveau du pilote du scanner que dans l'application de traitement d'image. Pour ceux dont le pilote de scanner n'est pas suffisamment "musclé", il reste la solution de réaliser un dégrossissage des corrections avant la numérisation. Puis d'utiliser les courbes dans le programme d'imagerie, pour fignoler les réglages. L exploitation des courbes se fait de la même manière dans les deux cas … Seule différence : la graduation à l'entrée. Le driver du scanner est habilité à traiter des données codées sur 10, 12 ou 14 bits. Ce qui crée respectivement 1'024, 4'096 ou 16'384 niveaux possibles. En sortie, le système n'exploite, quasi universellement, que 8 bits, soit 256 échelons. Ces 256 valeurs sont transmises au logiciel de traitement d'image. Une courbe de transfert y exploitera alors le même nombre de niveaux en entrée et en sortie.  
   

Que représente la courbe ?

 
    La courbe tonale est un transformateur de données. Elle utilise des intensités numériques produites, par exemple, par un scanner et fournit des valeurs en sorties. Celles-ci dépendent du profil de la courbe utilisée. La figure 1 montre l'aspect d'une telle courbe. La forme initiale y est représentée par une droite à 45° qui part de 0,0 et monte à 255,255. Dans ce cas, la courbe n'apporte aucune transformation. Le tracé en rouge montre un modèle de ce que peut être une modification de cette courbe tonale. Un tel profil se traduira par un assombrissement des ombres de l'image et un éclaircissement des hautes lumières, et un accroissement du contraste des valeurs intermédiaires. Ce simple exemple indique que, avec une action élémentaire sur cette courbe. on obtient un résultat équivalant à la manipulation de nombreux curseurs dans une correction traditionnelle.  
    Les deux gammes de gris de la figure montrent l'équivalence des niveaux d' intensité numérique. Sur l'axe des X (horizontal), on a la représentation des intensités numériques en entrée, de 0 à 255 (ou plus dans le cas d'un pilote de scanner).  
    Le niveau 0 représente le noir, 127 un gris moyen et 255 un blanc. Les autres valeurs ne sont pas reportées sur l'axe mais elles sont, bien entendu, toutes disponibles. Sur l'axe vertical (Y), on trouve les intensités numériques obtenues en sortie, après application de la transformation donnée par la courbe. Avec le tracé produit ici on lit, par exemple, une valeur de 50 en sortie (Y), pour 64 en entrée (X), Y = 164 pour X=127, Y=220 pour X=191…  
    Les courbes servent à représenter un niveau général ou chaque plan couleur (rouge, vert ou bleu). Il y a donc, pour corriger une image couleur, quatre LUT différentes. Le mode d'action est strictement identique dans tous les cas. Lorsqu'il s'agit de couleur, l'action se fait sur la couleur primaire concernée (R V ou B) ou sur sa complémentaire (cyan, magenta ou jaune) . La courbe gérant le niveau général permet de modifier le contraste global, la densité ou de s'attaquer à des variations fines à un niveau de densité ou l'autre.  
   
 
   

La courbe tonale prend une forme comme celle-ci. Sur l'axe des X (horizontal), on a la représentation des intensités numériques en entrée (c'est-à-dire telles qu'elles sont avant transformation par la courbe). L'axe des y (vertical) représente les données en sortie, après application de l'effet de la courbe. La graduation la plus courante, dans un codage sur 8 bits par plan couleur, va de 0 (en bas à gauche) à 255 (à droite et en haut). On trouve souvent une grille représentant les valeurs caractéristiques : 3/4 de ton (IN = 64), 1/2 ton (IN = 127) ou 1/4 de ton (IN = 191). Il existe, pour corriger une Image couleur, quatre courbes. La première agit sur les trois couleurs à la fois (RVB). Chacune des courbes suivantes s'adresse à un plan couleur : le rouge, le vert ou le bleu. Dans cet article, les couleurs portées sur les courbes ne sont là que pour améliorer la lisibilité. Nous n'avons montré une action sur les plans couleur que dans la figure 2.2. Les courbes rouge et bleue y représentent donc les modifications correspondantes sur les Intensités numériques rouges et bleues.

 
       
  top Univers Macworld - 2000-02-01