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    Ces robots qui refusent de mourir  
    no. 1132 - Science & Vie - 2011-12-01      
    Ils furent envoyés à la conquête de l'espace; ils rapportèrent moult informations; leur mission terminée, ils auraient dû cesser de fonctionner.
Eh bien non !
 
    Parmi tous les engins robotisés que l'homme a expédiés dons le cosmos, certains n'en finissent pas de jouer les prolongations, continuant d'émettre ou d'explorer bien au-delà de ce qui était prévu. Pour rien ni personne, parfois. Nous avons retrouvé la trace de 5 de ces "Wall-e" abandonnés. Hommage.  
    Bip, bip, bip. Du fin fond du système solalre, les battements de leur cœur électronique nous parviennent encore. Alors qu'on ne leur donnait, au départ que quelques mois à vivre, ces satellites, rovers el autres sondes spatiales sont toujours vivants après plusieurs décennies de bons et loyaux services, Une magnifique pugnacité qui, techniquement inattendue, suscite l'admiration des ingénieurs.  
    Car, a priori, survivre plus que de raison dans l'espace n'est pas gagné. Même s'ils sont conçus pour voager dasn e système solaire, une fois qu'ils sont lâchés dans le vide intersidéral, les robots doivent y affronter, seuls et presque sans assistance, toutes sortes de dangers. Rencontre brutale avec une météorite, tornades de particules cosmiques aptes à griller leurs circuits électroniques - autant dire leur système nerveux -, accident de terrain, enlisement, défaillances inexpliquées… "On craint encore plus les énormes variations de température de l'ordre de 300°C sur la Lune, entre le jour et la nuit, qui, par cycles de dilatations-contractions, fragilisent leurs organes mécaniques", s'inquiète Francis Rocard, chargé de l'exploration à l'Agence spatiale française.
Des conditions extrêmes auxquelles les agences préparent avec le plus grand sérieux leurs créatures via les tests les plus sèvères. Résultat : robustesse, simplicité et doublons caractérisent le squelette de ces explorateurs automatisés.
On ne mégote pas non plus sur les réserves de carburant, garantes du maintien du vaisseau dans la bonne position… "Parfois même avec des marges excessives, au détriment de l'installation d'autres instruments scientifiques à bord", remarque Francis Rocard.
 
   

"Ils ne sont pas cliniquement morts"

 
    Alors, à force de précautions, le miracle se produit parfois : certains robots refusent de mourir, continuant leur mission coûte que coûte, obstinément, en dépit de tout ! Ce qui peut poser un cas de conscience : faut-il les débrancher ? L'idée est parfois évoquée, mais l'euthanasie est une décision des plus délicate… Prenez le cas du satellite d'observation astronomique IUE lancé le 26 janvier 1978 : prévu pour durer entre trois et cinq ans, il aura fallu dix-huit ans pour que, au terme de palabres épiques entre ceux qui estimaient en avoir encore besoin ou pas, ordre lui soit donné de prendre enfin un repos bien mérité via la vidange à distance de ses soutes.
Une décision autoritaire qui n'est peut-être pas le pire de ce qui attend ces papys de l'espace, menacés de sombrer dans l'oubli.
Parce que, au fil des ans, de petits nouveaux toujours plus puissants et précis sont apparus, captant toute l'attention de la communauté scientifique. Et tant pis pour les vieux !
 
    Pourtant, parmi les quelques 2'000 satellites à la retraite qui tournent au-dessus de nos têtes, certains respirent encore, et essaient peut-être même de nous parler.
"Beaucoup de ces appareils ne sont pas cliniquement morts, avance Alice Gorman, pionnière de l'archéoloe spatiale. Pourquoi ne pas essayer d'en réanimer certains et d'en tirer quelque chose ?" A l'image de la Chine qui utilise certains de ses satellites géostationnaires placés en "orbite cimetière".
Quoi qu'il en soit, ces héros métalliques qui refusent de mourir méritent bien un hommage. Voici le nôtre, en images.
 
   

Celle que l'on écoute même plus

 
   
 
    Et dire que cet engin a été conçu pour fonctionner six mois !
Quanrante-six and après son lancement, Pionner 6 continue de mouliner des données… mais plus personne de l'écoute. Oh, bien sûr, la santé du plus vieux vaisseau spatial en activité est vacillante et ses panneaux photovoltaïques sont sérieusement érodés, il n'empêche : ses instruments d mesures du plasma et des rayons cosmiques fonctionnent encore. "Mais voilà, notre réseau d'antennes d'écoute de l'espace profond est mobilisé par des projets récents et plus intéressants", avour Lawrence Lasher, directeur à la Nasa des programmes Pioneer. LA dernière conversation détaillée avec Pioneer 6 remonte au 8 décembre 2000. La Nasa lui reproche de radoter ? Pourtant, cette petite sonde rustique s'accroche à la vie.
 
   

Celui qui s'éternise sur Mars

 
   
 
    Imaginez un soldat envoyé en mission pour trois mois, et qui bataillerait sept ans sans rechiner… Le rover Opportunity est de cette trempe-là !
Construit pour rouler nonante jours dans les conditions clémentes de l'été martien, ce fleuron de la Nasa résiste depuis 2004 aux épouvantables hivers de la planète rouge. Des hivers qui, caractérisés par un froid glacial (-100°C) combiné au faible ensoleillement illuminant les panneaux solaires - sources du chauffage électrique -, menacent organes électroniques et batteries d'une hypothermie fatale.
Certains n'y ont pas résisté comme les robots Phenix, en 2008, et Spirit, en 2010. Sans parler de la menace permanente de la poussière martienne qui encrasse les panneaux solaires.
John Callas, responsable d'Opportunity à la Nasa depuis 2006, explique cette longévité par une bonne constitution de son protégé et son entraînement intensif avant le décollage. Mais "il a eu aussi un brin de chance, reconnaît-il. Des coups de vent ont débarrassé ses panneaux solaires de leur poussière faisant repartir sa production d'énergie". Opportunity a pourtant déjà frisé le coma rappelle son collègue Steve Squyres : "J'ai cru sa dernière heure arrivée lors d'une monumentale tempête de sable qui, en juillet 2007, bloqua les rayons du Soleil."
Aujourd'hui, ce vieux grognard ne peut plus bouger le bras, ses roues menacent de rompre… Mais la NAsa ne le laissera pas tomber : elle attend de plui d'autres découvertes.
 
   

Celui qui attend qu'on s'occupe de lui

 
   
 
    Déclaré cliniquement mort le 4 octobre 1971 par les Soviétiques, ce robot n'a pourtant jamais cessé de mobiliser ées scientifiques.
Car après avoir exploré la Lune, ce mastodonte de 750 kg doté d'un miroir devait s'échouer à un endroit précis pour permettre de mesurer la distance Terre-Lune par des tirs laser. Seulement voilà : on a eu beau arroser la zone de rayons… Aucune trace de Lunakhod 1. "Jusqu'à ces dernières années, je consacrais encore 10 minutes par-ci par-là à sa poursuite…", raconte Tom Murphy, responsable du pointeur laser Apache (Neauveau-Mexique).
Les Soviétiques avaient-ils mal garé leur robot ? A-t-il été recouvert de poussière par l'impact d'une météorite ? Le capot protecteur du miroir s'est-il refermé ? Mystère… jusqu'à ce qu'en mars 2010 une sonde américaine repère un petit point blanc. Le 22 avril 2010, Tom Murphy pointe son laser dessus. Et reçois un signal éblouisant. "On tirait simplement à côté, explique-t-il. Et après 40 ans de mutisme, il a beaucoup à dire !"
Même s'il a expiré il y a longtemps, sa mission n'est pas finie…
 
   

Celle qui erre sans fin

 
   
 
    Le parcours de cette sonde trentenaire n'est pas banal : après avoir exploré, comme prévu, Jupiter, Saturne et Titant, la Nasa avait décidé, en 1980, de prolonger son aventure en la propulsant… hors du système solaire.
Bien lui en a pris : depuis l'espace profond, à 17,4 milliards de kilomètres de la Terre, Voyager 1 répond toujours.
Elle n'est pas trop à plaindre : "Le milieu interstellaire qu'elle traverse est assez dément", signale Lawrence Lasher de la Nasa. Et Voyager 1 porte encore beau : ses batteries, qui turbinent au plutonium 238, promettent de tenir au moins jusqu'en 2020. Elle semble même avoir conservé toute sa souplesse : en mars dernier, elle a encore effectué la culbute pour orienter aux mieux ses capteurs, alors qu'elle s'apprête à quitter la zone d'influence du Soleil.
Bref, rien ne semble pouvoir lui arriver… sauf qu'en fuyant à 17 km/s, son signal devient toujours plus difficile à déceler. Au risque de ne jamais recueillir ses dernières paroles…
 
   

Celui qui parle dans le vide

 
   
 
    Unique satellite de Sa Majesté à avoir été lancé par une fusée britanique pur jus, Prospero circule depuis quarante ans au-dessus de nos têtes, toujours alimenté par ses panneaux solaires.
Même si cette dérisoire machine de 60 kg n'a jamais servi à grand-chose, une équipe du so british laboratoire spatial Mullard s'est mis en tête de vérifier si elle répondait toujours…
Problème : le dernier contact radio établi remonte à 1996 et, depuis, la station de réception de ses signaux a été démantelée, sa fréquence de communication réattribuée et tous les détails techniques se sont évaporés."Il nous a fallu plonger dans les archives nationales, racont Adrien Content, un étudiant impliqué dans le projet. Notre manoeuvre revient à réactiver une télévision en veille."
Prospero sortira-t-il de son coma ? Le résultat de cette réanimation se fait attendre…
 
       
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