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    A la poursuite des comètes  
    Guillaume Cannat - Ciel et Espace - 1995-11-01      
    Chaque année, plusieurs comètes atteignent une magnitude suffisante pour être visibles dans les instruments des amateurs.
Petites taches floues ou grandes traînées de lumière vaporeuses, les comètes sont des objets célestes qui se renouvellent sans cesse et surprennent toujours les astronomes.
 
    Entre Noël et le Jour de l'An 1995, la comète P/Honda-Mrkos-Pajdusakova va embellir nos crépuscules. Avant elle, ce sont les comètes Bradfield et d'Arrest qui ont passionné les observateurs à la fin de l'été. Quant à la comète qui occupera nos nuits au printemps prochain, elle reste à découvrir, même si les astronomes annoncent déjà celle qui retiendra notre attention l'été prochain et en 1997 la comète Hale-Bopp. Au rayon des comètes, il se passe toujours quelque chose dans le Système solaire, et il n'est pas rare de voir des astronomes amateurs se distinguer dans cette quête inlassable de nouveaux astres chevelus. Mais, avant de vous lancer dans la chasse aux comètes, profitez des prochains passages annoncés pour vous familiariser avec ces astres multiformes. Il existe deux grands groupes de comètes les périodiques, qui parcourent une orbite elliptique plus ou moins allongée et reviennent se frotter au Soleil régulièrement, et les autres, qui ne s'approchent qu'une seule fois de notre étoile, soit qu'elles s'écrasent dessus, soit qu'elles décrivent une orbite parabolique qui les éloigne à jamais de l'astre du jour, soit encore qu'elles possèdent une période tellement longue que les astronomes n'ont pu les observer qu'une seule fois. La comète périodique la plus connue du public est sans conteste P/Halley (le P/ signifie périodique dans la nomenclature cométaire internationale). En 1986, lors de son dernier passage au périhélie, elle a été observée par une armada de sondes spatiales et des centaines de milliers de personnes dans le monde entier. D'une périodicité de 76 années environ, les retours de la comète de Halley ont ponctué l'histoire humaine depuis l'Antiquité. Prochain rendez-vous en 2061 pour les plus jeunes d'entre nous ! Il existe bien sûr des comètes à la période beaucoup plus brève comme P/Encke, qui revient toutes les 3,3 années (prochain passage fin 1996), ou P/HondaMrkos-Pajdusakova dont la période est d'environ 6,3 années et que nous observerons le mois prochain. Toutes les comètes périodiques sont annoncées plusieurs mois à l'avance et, en général, les astronomes les connaissent suffisamment bien pour prévoir leur éclat à quelques magnitudes près. Mais cela n'exclut pas les bonnes surprises comme la comète P/d'Arrest, dont I 'éclat ne devait pas dépasser la magnitude 11, et qui a finalement approché la magnitude 7 au mois d'août dernier. Les autres comètes, celles que l'on ne voit qu'une seule fois, sont souvent les plus spectaculaires, surtout lorsque les lois de la mécanique céleste les placent à une faible distance de la Terre et à une bonne élongation solaire lors de leur maximum d'éclat. En mai 1983, la comète Iras-Araki-Alcock est passée à seulement 0,03 unité astronomique (5,5 millions de kilomètres) de la Terre. Visible sans difficulté à l'oeil nu, elle a traversé le ciel à toute allure. Même observé sans instrument, son déplacement par rapport aux étoiles était sensible en quelques minutes, et dans un télescope de 115 mm avec un faible grossissement, il fallait la recentrer toutes les dix secondes seulement.  
     
   

Sur cette image du 12 avril 1986, tout un pan de la queue de P/Halley semble être détaché.

 
    Dans la mesure où l'aspect des comètes faibles est très semblable à celui des petits amas globulaires ou des galaxies, vous devez absolument trouver un site d'observation de bonne qualité pour en profiter pleinement. Il est illusoire de vouloir observer des comètes faibles visuellement en ville. Seule la recherche photographique ou CCD peut être envisagée avec les filtres de réduction de la pollution lumineuse adéquats ou les filtres qui mettent en évidence certains gaz que l'on détecte dans les chevelures. Outre l'éclairage urbain, d'autres éléments nuisent à de bonnes observations cométaires : la brume qui s'étend à l'horizon, un voile de cirrus, le vent qui accroît la turbulence, et enfin la Lune. En choisissant votre site, pensez à privilégier les lieux où les horizons est et ouest sont parfaitement dégagés puisque les comètes sont plus brillantes aux abords du Soleil et s'affichent donc souvent sur un fond crépusculaire.  
    Il n'y a pas de règle absolue pour le choix d'un instrument d'observation car il est évident qu'une comète de magnitude 12 ne sera pas observée de la même manière qu'une autre de magnitude 2. Dans le premier cas, une focale longue est préconisée : elle permet d'obtenir des grossissements importants sur la région la plus brillante. Dans le second cas, l'éclat de la comète étant suffisant pour une observation à l'oeil nu, vous pourrez en profiter pour la scruter avec des instruments et des grossissements différents afin de saisir la globalité de l'objet ou, au contraire, de détailler des portions du halo, qui enveloppe le noyau, ou de la chevelure. L'emploi d'une paire de jumelles de très grand diamètre, 14 x 100 ou 30 x 125, procure un confort d'observation extraordinaire, il est difficile de déterminer une magnitude cométaire limite en fonction du diamètre de l'instrument. En effet, plus une comète est diffuse, plus elle est délicate à trouver, même si son éclat global est relativement important. Pratiquement, avec un télescope de 150 mm sous un ciel bien noir, il est possible d'atteindre une comète de magnitude 9; avec un 20 cm, il faut tabler sur la magnitude 11; enfin, un 40 cm devrait vous permettre de pointer une comète de 14e magnitude. Quand la magnitude de la comète est proche de la limite de votre instrument, il est pratiquement impossible de la pointer sans connaître ses coordonnées (ascension droite et déclinaison). Celles des comètes périodiques sont connues à l'avance, même si les astronomes les affinent au cours du passage, mais les éphémérides des nouvelles comètes ne sont disponibles en "temps réel" que par l'intermédiaire des télégrammes et des circulaires diffusés par l'Union astronomique internationale et répercutés par différents organismes et associations (SAF, 36.16 BDL, 36.15 Big Bang). Une fois les coordonnées connues, vous pouvez tracer sur la photocopie d'un atlas la trajectoire de la comète et, plus précisément, le champ stellaire exact dans lequel elle se trouvera lors de votre tentative d'observation.  
     
   

En mai 1990, la comète Austin et son immense chevelure ont été photographié.

 
    Quel que soit l'éclat d'une comète, les amateurs de photographie astronomique utiliseront plutôt des télescopes à grand champ du type Schmidt ou Maksutov qui sont les seuls capables de rendre compte de l'ampleur d'un tel astre. La photographie cométaire présente toutefois une particularité : il ne suffit pas d'annuler le mouvement de rotation de notre planète, il faut aussi compenser le mouvement propre de la comète. Le suivi est donc effectué directement sur la comète, ce qui donne des images sur lesquelles es étoiles semblent faire des zigzags plus ou moins réguliers. Pour les plus grandes comètes, c'est-à-dire celles dont la chevelure s'étend sur plusieurs dizaines de degrés sur la voûte céleste, un appareil ou une chambre photographique donneront les meilleurs résultats. Un boîtier 24 x 36 équipé d'un objectif grand angle de 28 mm permettrait par exemple de saisir une queue de comète de près de 600 de long, ce qui s'est déjà présenté par le passé.  
    Pâles et diffuses, piquées comme une tête d'épingle et suivies d'une fine chevelure enveloppée d'un vaste halo et prolongée par une double queue de gaz et de poussières de plusieurs millions de kilomètres, les comètes sont toutes différentes et c'est là leur charme incomparable. Au-delà de leur simple observation, l'amateur passionné qui souhaite côtoyer le ciel dans ses moindres détails pourra se lancer dans la recherche de nouvelles comètes, ce qui n'est nullement une cause perdue d'avance puisque près de la moitié des comètes non périodiques sont découvertes visuellement par des astronomes amateurs.  
     
   

A la fin de l'année 1992, la comète P/Swift-Tuttle est revenue virer autour du Soleil. Cette comète que les astronomes soupçonnent d'être responsable du dépôt de poussières que la Terre traverse tous les ans vers la mi-août, ce qui donne naissance aux étoiles filantes des Perséides.

 
   

Record de brillance

 
    Le 17 août 1995, le chasseur de comètes australien William Bradfield a rajouté une ligne à son palmarès en identifiant sa dix-septième comète. L'élongation de 1995 Q1 était alors de 33 et sa magnitude de 5,5. Peu avant son passage au périhélie, le 31 août 1995 Q1 était de magnitude 5. Sauf nouvelle découverte dans les semaines qui viennent. 1995 01 aura donc été a comète la plus brillante de l'année. Trop basse sur l'horizon pour être observée en France métropolitaine, 1995 Q1 présentait, aux dires des amateurs installés plus au sud une double queue légèrement torsadée s'étendant sur près de trois degrés.  
     
   

Cette image de la comète Bradfield (1995 Q1) a été obtenue en Australie le 18 août 1995.

 
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