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       - Commentaire d'oeuvre : la Belle Jardinière  
    Manon Lancelot - BeauxArts, hors série 20 - 2012-03-01      
    Une promesse de Passion.
L'artiste du XIXe siècle, Jean Auguste Ingres, considérait Raphaël comme une sorte d'apogée de la peinture renaissante, un sommet indépassable. Pourquoi ?
 
    Parce que celui-ci aurait combiné jusqu'à l'absolue perfection, jusqu'à l'harmonie la plus pure, la virtuosité du dessin et le sens des couleurs. Dans ce tableau, l'aspect paisible, l'éclat tranquille cachent en réalité une violence sourde. La rougeur de sang du tissu contrastant avec les tons bleutés à l'entour signale d'emblée la Passion à venir…  
   

Raphaël. La Vierge à l'Enfant avec le petit Saint Jean-Baptiste, dite aussi La Belle Jardinière. 1507, huile sur bois. Coll. musée du Louvre, Paris.

 
    Un appel au martyr  
    Raphaël a placé à proximité d'un livre reposant sur l'avant-bras de la Vierge une croix solidement tenue par Jean-Baptiste - allusion ouverte à la Passion. Jésus semble vouloir se saisir de l'ouvrage qui représente les textes sacrés et prophétiques de l'Ancien et du Nouveau Testament. L'enfant répond, par ce mouvement discret, à l'appel de son martyr au service du salut de l'Humanité.  
    Un visage plein de grazia  
    Au centre de la composition pyramidale, découpé sur le ciel, il y a le visage remarquablement beau et harmonieux de la Vierge échangeant avec Jésus un regard bienveillant. De même que le christianisme parle de «Marie pleine de grâce», Vasari désigna Raphaël comme l'artiste de la grazia (l'opposé de la terribilità de Michel-Ange) : son esthétique est immédiatement claire, lumineuse, tout en retenue et en équilibre.  
    Une funeste ancolie  
    «Belle jardinière» dit le titre - qui est en réalité donné au XVIIIe siècle - et, en effet, le jardin de la Vierge s'épanouit ici au premier plan. Les trois personnages foulent ce charmant parterre de verdure. Mais, sous l'apparence champêtre, consolidée par le cadre toscan de l'arrière-plan, se glissent des symboles funestes : l'ancolie, plante vivace, représente la tristesse, el annonce les pleurs de Marie devant le supplice de son fils.  
   

Raphaël. La Vierge à l'Enfant avec le petit Saint Jean-Baptiste, dite aussi La Belle Jardinière. 1507, huile sur bois. Coll. musée du Louvre, Paris.

 
    Table des matières - suite : Au millième de millimètre près !  
       
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