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       - La ville prend le contrôle du temps  
    Christophe Migeon - Les cahiers de Science & Vie, no.134 - 2013-01-01      
    L'invention de l'horloge mécanique à la fin du XIIIe siècle répond à une demande sociale pressante, et introduit dans les sociétés occidentales une nouvelle notion du temps, jusqu'alors apanage de Dieu et de l'Église.
Le temps certain des villes s'impose face au temps incertain des clercs et des paysans.
 
    Après la longue léthargie du haut Moyen Âge, l'accroissement de la production agricole et l'essor démographique sonnent le réveil des villes au XIe siècle. De nouveaux bourgs fleurissent à l'ombre protectrice d'un castel et vont progressivement affirmer leur identité urbaine. Des pouvoirs de nature foncièrement différente, seigneur local, épiscopat, ordres religieux, gouvernement municipal, y coexistent de façon parfois conflictuelle. «L'air de la ville rend libre» disait le dicton. Le début des libertés communales coïncide avec l'émergence d'un temps nouveau, unifié et précis par sa mesure, différent du temps rural qui se calque sur les rythmes de la nature ou du temps clérical dont les cloches impérieuses convoquent les fidèles aux offices.  
   

L'horloge, symbole de la maîtrise du temps, intègre de plus en plus les beffrois. Ces tours communales témoignent de la richesse de la bourgeoisie urbaine et de son autonomie à l'égard du pouvoir féodal. (ici, Le Gros Horloge de Rouen.)

 
    L'historien Jacques Le Goff voit dans la multiplicité des temps médiévaux le reflet des luttes sociales qui se trament à l'intérieur de la ville. Puisque la mesure du temps est un instrument de domination sociale, qui en devient le maître renforce son pouvoir sur la communauté. Le passage à un nouveau temps, mécanisé et normé, va permettre l'éclosion d'une civilisation attentive à la productivité et la performance. Reste à savoir comment et pourquoi ce temps moderne apparaît au cours du XIIIe siècle et parvient à prendre pied dans la vie quotidienne au point de la gouverner.  
   

Jusqu'au XIIIe siècle, l'Église impose sa mesure approximative du temps, scandée parfois par les automates. Notre-Dame de Dijon.

 
    Jusqu'au XIIe siècle, le clergé est le maître absolu des indicateurs du temps. Les cloches sortent des monastères aux Xe et XIe siècles pour migrer vers les clochers des églises paroissiales et sonnent de façon très approximative les heures canoniales qui indiquent les différents offices. En toute saison, le jour et la nuit sont chacun divisés en 12 heures, très élastiques, puisqu'elles peuvent varier en cours d'année de 30 à 90 de nos minutes. Ce temps «incertain» de l'Église n'est pas sans poser de problème à la classe des marchands et des artisans, alors en pleine expansion. Calcul des taux de change, programmation de voyages, comparaison des délais de production ou de livraison, prévision des échéances…  
   

La ville dispute la mesure du temps au clergé

 
    Autant de besognes profanes qui nécessitent une mesure du temps autrement plus précise. Le domaine monétaire se complexifie avec des fluctuations de cours, des premières mesures inflationnistes, le développement de la lettre de change. Mais surtout, marchands et maîtres artisans sont des donneurs d'ouvrage. Leurs employés étant rémunérés à la journée de travail, il leur faut estimer la durée de cette journée au plus juste. Dans un premier temps, l'Église se méfie des marchands et de leur aspiration à jouer avec le temps. Une catégorie de commerçants s'attire particulièrement les foudres du clergé : les prêteurs à intérêt et autres usuriers qui ne font rien d'autre que vendre du temps, celui qui s'écoule entre le moment du prêt et son remboursement. Le temps est la propriété de Dieu. Il ne saurait être question de le marchander. Mais le progrès technique va venir au secours des marchands pour mettre un terme à la mainmise religieuse sur le temps.  
   

La ville à l'heure moderne

 
    «Ce n'est pas l'horloge qui a provoqué un intérêt pour la mesure du temps; c'est l'intérêt pour la mesure du temps qui a conduit à [' invention de l'horloge», rappelle l'historien américain David Landes dans l'ouvrage L'heure qu'il est. Vers la fin du XlIIe siècle apparaissent des garde-temps capables de mesurer l'heure au sens moderne, la 24e partie d'une journée. La découverte du mécanisme à échappement, qui bloque et relâche le train des roues dentées au rythme fixé par un régulateur, est une étape décisive dans l'avènement du temps moderne constitué d'une succession d'heures égales entre elles. Voilà une invention qui répond parfaitement aux attentes de la bourgeoisie. Pour Landes, il s'agit là d'une «révolution aussi lourde de conséquences que celle de l'imprimerie tant pour les valeurs culturelles, l'organisation politique et sociale et la personnalité.» Il y avait certes d'autres instruments de mesure du temps à l'époque - la clepsydre donnait des résultats aussi fiables, sinon plus - mais l'horloge mécanique dispose d'un potentiel technologique : elle est virtuellement transportable et miniaturisable.  
   

Le début des libertés communales coïncide avec l'émergence d'un temps nouveau, laïque, régulier et plus précis. (Beffroi de Bruges)

 
   

Une fête un peu trop sonnée

 
    En 1490, la fête des fous de Tournai connaît des débordements. Le roi en interdit donc le déroulement. Mais en 1498, elle reprend de plus belle. De jeunes bourgeois de la ville séquestrent un curé et des clercs. Surtout : ils font sonner les cloches de la cathédrale. Des réactions outragées suivent leur action. Ce n'est pas la séquestration des clercs qui semble le plus insupportable, mais le fait d'avoir sonné les cloches de manière intempestive…  
   

 

 
    Contrairement aux idées reçues, l'horloge préfère dans un premier temps s'installer au chaud, à l'intérieur des cathédrales ou des prieurés, plutôt que d'aller se risquer au sommer des clochers et des campaniles. C'est l'invention du mécanisme de sonnerie des heures qui permet véritablement la diffusion des horloges et leur envolée en haut des tours. La plupart n'ont alors même pas de cadran. Mais elles sonnent les heures pour tous. Les voici désormais publiques. La première horloge publique est signalée en 1307 à Orvieto en Italie centrale dans les registres du conseil municipal qui décide de lever un impôt pour financer la réparation de 1'«orologiurn» du campanile. Dès que les finances de la commune le permettent, les échevins installent une de ces nouvelles machines-merveilles sur la façade de leur «maison de ville» ou de leur beffroi. Les horloges, notamment celles à automates, sont bien souvent des gouffres financiers.  
   

Les corps de métiers voient la nécessité de mesurer la durée de la journée de travail. L'horloge apporte ainsi une nouvelle organisation du temps urbain. (La cité terrestre, manuscrit du XVe s.)

 
    Ces mastodontes de ferraille, formidable confusion d'arbres métalliques ct de roues crantées, pèsent parfois jusqu'à deux tonnes et nécessitent les soins quasi permanents d'artisans spécialisés. Il faut ainsi neuf mois à dix horlogers forgerons assistés d'une centaine de maçons et fondeurs pour installer l'horloge de Perpignan en 1356. Elle ne fonctionnera que 23 ans. Mais peu importe la dépense ! Car la sonnerie des heures tient souvent lieu de spectacle et attire les foules. Pour Jérôme Bascher, maître de conférences à l'EHESS «L'horloge est un mécanisme très complexe qui devait apparaître tout à fait extraordinaire dans un univers où les "machines" existaient fon peu. Les premières horloges ont donc beaucoup impressionné leurs contemporains.» Pèlerins et voyageurs viennent de loin pour assister les yeux écarquillés au défilé des jaquemarts qui assènent leurs coups, ou à la ronde des planètes et de la Lune. Une affluence qui favorise le commerce et rend souvent l'investissement rentable.  
   

Le temps se libère peu à peu de tout contenu religieux

 
    Princes, seigneurs, évêques et autres puissants se disputent également cet outil de prestige, chacun essayant d'imposer son temps et par là même son autorité à la ville. Il ne se contente pas de donner les heures mais domine l'espace urbain et devient symbole de pouvoir : quand Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, veut châtier les impudents bourgeois de Courtrai en 1382, il saisit l'horloge qui orne leur beffroi et l'installe à Dijon, sa capitale. «La glorieuse roue qui sonne tin tin d'un ton si doux -, comme l'appelle Dante, essaime à travers toute l'Europe au XIVe siècle et va désormais s'immiscer dans la vie des gens en régulant la durée du travail.  
   

La belle et coûteuse horloge de Cambrai

 
    Du début du XIVe siècle, le chapitre de la cité de Cambrai, important centre textile, achète une horloge mécanique pour la cathédrale. Ses cloches sonnent les heures du marché ainsi que celles du travail. Comme pour tout investissement de ce genre, la collaboration de plusieurs corps de métiers est nécessaire: le maître d'œuvre achète le fer et le plomb à des fonderies, contacte des charpentiers et des maçons pour le gros œuvre, des sculpteurs et des mouleurs pour les automates, des peintres pour la décoration… La liste des frais est loin de se conclure. Révisions et réparations nécessitent l'intervention fréquente de spécialistes : en 1318, par exemple, il est fait mention d'un versement de 75 sous à deux artisans «pour avoir pris soin de l'horloge», un montant non négligeable puisque à l'époque 27 sous représentent 10 jours de travail d'un ouvrier qualifié. Après une révision générale en 1348, le chapitre doit payer l'année suivante la pension et les gages d'un maître horloger, d'un spécialiste du calendrier, de trois peintres et différents travaux de charpenterie, de ferronnerie et de travail du plomb, pour un total de 300 livres, une petite fortune. L'acquéreur d'une horloge s'engage sur l'avenir. L'horloge de Cambrai est rapidement devenue l'un des grands centres d'intérêt de la région, mais à quel prix !  
   

 

 
   

Les cloches de travail

 
    Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, les salariés sont soumis au temps clérical des cloches. L'unité de temps de travail est la journée, du lever au coucher du soleil, en gros de la sonnerie de prime à celle de complies, avec tous les aléas et les inconvénients que cela comporte: longues journées en été, trop courtes en hiver, fluctuation des pauses pour les repas… Afin de lutter contre les tricheries de leur main-d'œuvre et réguler leur production tout au long de l'année, les donneurs d'ouvrage cherchent à réglementer au plus près la journée de travail. L'horloge mécanique arrive à point nommé. Les conseils municipaux - composés pour l'essentiel de patrons ou de leurs représentants - font installer ces nouveaux outils dans des clochers d'églises, quitte parfois à les louer au clergé, dans les beffrois, ou autorisent les employeurs à en équiper leurs sites de production.  
   

La réglementation de la durée du travail touche en premier le secteur du textile, très développé à l'époque. (Basilique Saint-Quentin dans l'Aisne, XVe s.)

 
    Cette nouvelle organisation du travail va d'abord toucher le secteur textile. C'est non seulement l'industrie la plus importante de l'époque mais aussi la première à se lancer dans la production à grande échelle pour l'exportation. C'est aussi la plus réglementée. Elle se doit donc, encore plus que les autres, d'être rentable. «L'aire de diffusion des horloges mécaniques recouvre plus ou moins les régions de l'industrie textile en crise», fait remarquer Jacques Le Goff : «Les premières villes à s'en doter sont les cités drapantes d'Italie du Nord, du nord de la France, de Flandres, du sud de l'Angleterre ou d'Allemagne. Il y a un rapport étroit dans la chrétienté entre la mesure du temps et le travail. La fonction première de ces nouvelles horloges, fiables et exactes, était de mesurer la durée du travail.»  
   

Les cloches de la discorde

 
    Les nouveaux horaires ne s'imposent pas sans mal. Les cloches de travail sont d'abord celles de la discorde. Il faut dire que le patronat a souvent cédé à la tentation de reculer la sonnerie marquant la fin de la journée de travail. En 1277, les valets foulons de Paris se plaignent au roi que «leurs maîtres les tiennent trop tard de leurs vesprées, laquelle chose leur est périlleuse et grief pour le péril de leur corps !» Comment être certain de la justesse de ce temps carillonné, dans la mesure où le bourgeois en demeure l'arbitre ? Les salariés sont également excédés par le système d'amendes mis en place à l'encontre des réfractaires et des retardataires, comme à Commines où les tisserands qui ont le malheur d'arriver après la cloche du matin se voient infliger une pénalité de cinq sols de parisi. Le mécontentement se traduit par des revendications, des interruptions de travail, parfois même par des procès intentés contre l'employeur. C'est le cas à Sens et Auxerre en 1383 où les journaliers des vignes citadines réclament aux juges une diminution de la journée de travail. La résistance des «menus» au temps imposé par les «gros» finit parfois par payer : à Gand en 1349, un ban échevinal ordonne aux tisserands de rentrer en ville dans les huit jours mais leur permet de commencer ou cesser le travail aux heures qu'ils voudront. L'objectif avoué de cette résistance n'est pas tant de garder du temps pour les loisirs que de continuer à travailler mais cette fois-ci pour soi-même, à l'instar de «ces vignerons qui partent entre midi et nones oeuvrer à leur vigne et abattent autant d'ouvrage qu'ils ne l'ont fait tout le jour pour ceux qui les paient». Pourtant, bon an, mal an, la régulation du temps de travail finit par s'imposer au rythme des carillons. Le labeur ne se mesure plus en journées mais en heures de 60 minutes chacune. Un autre rapport au temps s'instaure dans les mentalités et ouvre alors la voie à une civilisation fondée sur l'expansion commerciale et la productivité.  
   

Les grandes villes arborent comme signe de prestige des horloges mécaniques reproduisant les mouvements des astres. (Miniature du XVe s., tirée du livre L'horloge de la sagesse du dominicain Henri Suso.)

 
    Pour Jacques Le Goff «l'avènement du temps des marchands est l'un des événements majeurs de l'histoire du Moyen Âge où s'élabore l'idéologie du monde moderne.» Ce temps arithmétique libéré du temps biblique devient une entité abstraite et indépendante de tout contenu religieux. Il n'est plus d'essence divine mais se met entièrement au service de l'homme. Grâce à l'horloge, le temps laïque supplante celui des cloches cléricales et assure aux bourgeois une domination économique, sociale et politique sur la ville, sur le monde. Soucieux de relativiser l'antagonisme supposé entre ces deux temps, l'historien américain David Landes estime qu'il y a plutôt eu de la part de l'Église un abandon progressif du contrôle du rythme de la vie et du travail aux autorités laïques. Le clergé, pétri par une longue tradition de servitude temporelle dans les monastères, s'est montré plutôt ouvert à l'idée, d'une mesure plus précise du temps. Des horloges mécaniques sont introduites très tôt dans les monastères afin d'éviter les retards aux offices. En 1379, les statuts du collège monacal Saint-Martial à Avignon fixent ainsi le début des offices selon le décompte moderne des heures. «Ce qui compte pour l'Église, c'est le temps lui-même, le temps liturgique, don de Dieu à l'humanité, peu importe la façon dont on le mesure.  
   

Puisqu'ainsi la ville me loge
Sur ce pont pour servir d'aurloge
Je ferai les heures ouïr
Pour le commun peuple esjouir


Inscription sur le Gros Horloge du pont de Caen en 1314.

 
    Il n'y avait pas incompatibilité avec le temps laïque», précise Jacques Le Goff. «La première horloge mécanique attestée dans le Royaume de France est celle du clocher de la cathédrale de Sens. La moitié des horloges du XIVe siècle ont été construites pour des cathédrales, l'autre moitié pour des beffrois municipaux», ajoute Jérôme Baschet. «L'église n'a donc pas été hostile à ce nouveau temps mesuré; elle a plutôt cherché à le contrôler elle-même, en plus du temps traditionnel des heures de la prière, associé aux cloches.» Le temps laïque cohabite donc pacifiquement avec le temps religieux, au prix parfois d'une certaine cacophonie. À Bruxelles, en plus des cloches signalant les heures canoniales, on entend la werckclocke du matin qui appelle au travail, la drabclocke le soir pour les tisserands et retordeurs, et un peu plus tard une lesteclocke pour les ouvriers de la tapisserie, ferblantiers et cordonniers ! Après tout artisans et marchands n'en sont pas moins profondément croyants et poursuivent dans deux échelles de temps différentes leurs deux objectifs, le profit et le salut. L'Église a elle aussi fait évoluer sa position par rapport au temps. Dans sa «Disciplina degli spirituali», le dominicain pisan Domenico Cava Ica (1270-1342) vilipende l'oisif qui «se place dans un état plus vil que celui des bêtes». Dès lors, le bon-chrétien se doit de bien gérer son temps. Le perdre est désormais un péché grave.  
   

La ronde folle des aiguilles

 
    L'instauration du temps laïque ne s'est pas faire sans accrocs. Pendant longtemps, l'heure est toujours différente d'une ville à l'autre, pire encore, les cadrans d'une même cité n'affichent pas la même heure. Charles V a beau ordonner en 1370 la synchronisation des horloges de Paris avec celle de son palais de la cité, toutes continuent de battre la breloque et affichent les heures qui leur conviennent. Ces machines, imposantes mais vulnérables, se détraquent facilement - l heure par jour environ ! - et nécessitent de fréquentes et coûteuses réparations.  
   

L'Église tire profit du partage du temps avec la ville : les marchands participent au denier du culte. (Allégorie de la tempérance. Epitre d'Othéa. Manuscrit du XIVe-XVe siècle.)

 
    Les campagnes vont mettre longtemps à adopter ce temps des villes, encore fragile et capricieux : la France attendra ainsi la fin du XIXe siècle et l'avènement du chemin de fer pour obtenir enfin un temps unique sur tout son territoire ! Pourtant, avec la diffusion de l'horloge mécanique, la civilisation occidentale devient attentive à la productivité, à la performance. L'homme de la rue apprend les chiffres arabes, dont la connaissance était jusqu'alors réservée à une poignée d'érudits ; il s'exerce au calcul en entendant les nouvelles cloches qui marquent les heures de façon égale, et finit par s'approprier ce temps qui n'appartenait jusqu'alors qu'à Dieu. Rien ne sera plus comme avant. Frère Jean des Entommeurs peut toujours fanfaronner dans le Gargantua de Rabelais : «Jamais je ne me assubjectis à heures ; les heures sont faites pour l'homme et non l'homme pour les heures», il est trop tard. Désormais, le temps c'est de l'argent.  
   

Charles V et la fuite du temps

 
    En 1370-1371, le roi de France, Charles V fait installer la première horloge publique de Paris sur la façade de son palais situé sur l'île de la cité. A cette occasion, il aurait même édicté une ordonnance royale demandant à toutes les églises de la capitale d'ajuster leurs sonneries sur ce nouveau garde-temps. Si aucune chronique ne mentionne l'existence de cet acte, il n'en reste pas moins que Charles V a favorisé la construction d'horloges publiques aux châteaux de Vincennes et de Montargis, à la cathédrale de Sens ou au manoir de Beaune-sur-Marne. Désormais, la puissance monarchique ne se conçoit plus sans la maîtrise du temps. Le pouvoir n'a jamais autant mérité son qualificatif de «temporel»…  
   

 

 
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